Opération Sentinelle : Un moyen de renouer avec le lien Armées-Nation ?

Entrée en vigueur le 12 janvier 2015, l’opération Sentinelle vise à compléter le plan Vigipirate mis en place dans le cadre de la lutte contre le terrorisme sur le territoire national français. Cette mission d’envergure est décidée par le président de la République François Hollande au lendemain des événements des 7,8 et 9 janvier 2015 qui visaient la rédaction du journal Charlie Hebdo, des policiers et des clients d’une supérette cacher dans l’agglomération parisienne.

Près de 10 000 militaires sont ainsi déployés sur le territoire national, dont 6 000 en Île-de-France et 4 000 en province[1]. Tout en gardant une forte et réactive capacité de mobilisation en une journée, les effectifs militaires diminuent progressivement au cours de l’année. Le 13 novembre 2015, alors qu’un commando de terroristes commet une série d’attentats coordonnés au Stade de France et dans les 10e et 11e arrondissements de Paris, le dispositif Sentinelle est renforcé pour assurer la sécurité des Français[2]. Il s’agit d’opérer en appui des forces de sécurité intérieure, à l’instar de la police et de la gendarmerie.

Pourtant, cette opération Sentinelle qui intervient en réaction aux attentats perpétrés sur le sol français, est également inscrite dans le cadre d’un budget contraint qui prévoit des déflations d’effectifs militaires tandis que les Opérations extérieures (OPEX) mobilisent toujours autant de soldats à l’étranger (opération Barkhane au Sahel, Sangaris en Centrafrique, Chammal en Irak, opérations de souveraineté, opérations de maintien de la paix, etc.). Face à cette situation à flux tendus, dans une atmosphère délétère, la présence de militaires et des forces de l’ordre semble rassurante et apaisante. Force est de constater qu’il n’en a pas toujours été ainsi.

En effet, depuis la fin du service militaire en France annoncée par le président Jacques Chirac en 1996, la « méconnaissance abyssale des armées, de leurs capacités, de leur fonctionnement, tant chez les responsables politiques que chez nos concitoyens »[3] a entraîné un désintérêt voire une méfiance[4] à l’égard de ceux qui incarnent pourtant les valeurs républicaines[5]. L’outil militaire subit le « déclassement vertigineux dans la hiérarchie des soucis de nos concitoyens »[6], d’autant que les OPEX apparaissent souvent très lointaines, aux enjeux non évidents et donc peu légitimes aux yeux de l’opinion publique. Mais alors que les militaires n’ont jamais été aussi présents sur le territoire français en raison de la menace sécuritaire, est-il possible d’envisager un renouvellement du lien Armées-nation ? De quelle(s) façon(s) ?

Un élan de solidarité perceptible

Avant d’évoquer la notion de lien « Armées-nation » et en marge de l’opération Sentinelle en tant que telle, de nombreux gestes de solidarité ont pu être observés depuis les événements de janvier 2015. Tout d’abord, c’est un rapprochement sémantique qui peut être noté. Effectivement, alors que l’institution suscitait peu d’intérêt, l’appropriation de l’outil de défense par les citoyens et les médias se cristallisent autour de l’expression « nos soldats »[7]. Cette dernière traduit un sentiment de solidarité voire une attention affectueuse, ou encore une marque de respect envers ces militaires qui patrouillent dans les rues de France. L’opération Sentinelle remet également au goût du jour les valeurs défendues par les armées telles que l’ « abnégation »[8], la discipline, la patrie mais aussi le professionnalisme des soldats et leur efficacité, notamment en termes de déploiement sur l’ensemble du territoire national[9].

Des gestes spontanés de sympathie sont également à relever puisque « les Français se mobilisent pour chouchouter leurs soldats »[10] en distribuant boissons et repas chauds « pour remercier les militaires chargés de surveiller les sites sensibles »[11]. En outre, des associations comme « Voisins solidaires » ou « Soldats de France »[12] multiplient les initiatives citoyennes à l’attention des soldats de l’opération Sentinelle, proposant tout simplement de remercier militaires et forces de l’ordre de leur présence. Ces manifestations de sensibilisation des Français au rôle des acteurs de la sécurisation du territoire national sont positives, selon les associations en charge[13], et suscitent même la surprise des militaires, preuve que la distance avec ces derniers s’était installée dans les mentalités. Plus encore, il y aurait une prise de conscience de « l’importance »[14] des armées au sein de la Nation. D’après un sondage Tilder/LCI/Opinionway, cette évolution de la perception de la Défense en France s’observe via l’avis favorable d’une majorité des Français (84 %) quant à une « hausse des dépenses en matière de sécurité, même si cela remet en cause le pacte de stabilité en augmentant les dépenses et l’endettement »[15]. Cela passe notamment par un arrêt des déflations d’effectifs voire par un renforcement des troupes.

Ecole polytechnique Université Paris-Saclay , "Journée « Au Contact » de l'armée de Terre le 28 mai 2015", via Flickr, Creative Commons Attribution

Ecole polytechnique Université Paris-Saclay, « Journée « Au Contact » de l’armée de Terre le 28 mai 2015 », via Flickr, Creative Commons Attribution

Un contexte « propice » au rapprochement entre les armées et les citoyens français

La vulnérabilité croissante de la France sur le plan sécuritaire est une conséquence directe des réformes successives qui ont réduit l’outil militaire[16], en pleine professionnalisation depuis la fin des années 1990. Pourtant, les engagements stratégiques français à l’étranger se sont inscrits dans la continuité depuis la suspension du service militaire, avec un regain des OPEX à partir de janvier 2013 et l’intervention Serval au Mali. Dans le même temps, « l’indifférence » dans laquelle se sont faites les réductions d’effectifs militaires, en particulier depuis les années 2000 avec la crise économique et financière et le sentiment que l’institution de Défense n’était plus adaptée aux missions contemporaines, n’ont pas manqué de susciter des réactions vives de la part des autorités militaires. Ces dernières pointaient en effet du doigt le danger d’utiliser l’institution comme une « variable d’ajustement budgétaire »[17] et donc « l’affaiblissement critique de nos capacités »[18].  Aujourd’hui, les Français semblent avoir pris conscience de la menace que constitue une diminution drastique du personnel et des moyens militaires.

Le contexte est en effet venu nous rappeler de manière dramatique à quel point disposer d’un outil de défense et de sécurité disponible était une priorité. Pour faire face à la menace terroriste sur le sol français, plusieurs défis s’imposent aujourd’hui à l’opération Sentinelle : il s’agit tout d’abord de contrer « la fragilité temporaire de Sentinelle »[19] puisque cette mission avait déjà du mal à être assurée après les tragiques événements de janvier 2015 en raison de la forte et constante mobilisation sur le territoire[20]. La réflexion quant aux missions des militaires de l’opération Sentinelle mérite une attention particulière pour parvenir à « une véritable plus-value stratégique en complément des forces de sécurité intérieure », selon le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers[21]. « Protéger tous les Français »[22] est ainsi le rôle de la Défense, à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières. La mission Sentinelle apparaît comme une rupture stratégique dont le but est de rassurer les Français au quotidien. En effet, si la Défense a pour vocation de protéger les citoyens et les frontières du territoire, souvent à l’étranger, la sécurité intérieure relève davantage des forces de l’ordre, police et gendarmerie. Le tournant stratégique tient donc au nouvel emploi des forces armées qui effectuent un « retour » massif sur le territoire national.

La grande détermination qui caractérise Sentinelle accroît définitivement la popularité des soldats, tout en envoyant « un message fort à nos adversaires »[23]. Il faudrait néanmoins envisager une redéfinition des modalités d’action des militaires ainsi que le cadre juridique de leur intervention sur le territoire national aux vues des modes opératoires des terroristes. Ces derniers sont en effet imprévisibles et déterminés, la réponse des militaires doit donc s’adapter à cette menace, notamment en privilégiant une plus grande mobilité des dispositifs. Ainsi, l’intérêt croissant à l’égard de l’outil militaire répond à au moins deux constats : d’une part, la menace pesante ne nous permet plus de négliger la Défense et, d’autre part, la sécurité des Français dépend en partie de cet outil. La bienveillance des populations envers leurs soldats s’explique donc tant par un sentiment de reconnaissance[24] que par une volonté de renouer avec une institution délaissée au cours du temps.

Le renouveau du lien Armées-nation : la « Défense est l’affaire de tous »

Si la fin de la conscription est bien accueillie en son temps, aujourd’hui, force est de constater le « vide » laissé par l’absence d’un service rapprochant les citoyens de leurs armées. Plus qu’une véritable formation militaire, les dimensions civique et sociale sont censées être véhiculées grâce au service militaire, en complément de l’Éducation nationale : il s’agit de créer un repère fort et de permettre à tous les Français de se rencontrer[25]. Alors que « le sentiment de désamour, ressenti par les militaires, des populations envers [leur] Armée »[26] s’est accru, il apparaît de plus en plus vital que la Nation soutienne ses soldats. Pour ne pas que l’écart se creuse entre la Défense et la société, plusieurs mesures ont été mises en place telles que la Journée d’appel et de préparation à la défense (JAPD), devenue Journée défense et citoyenneté (JDC) en 2011, les programmes d’éducation civique d’enseignement des principes et de l’organisation de la Défense, l’Institut des Hautes études de la Défense nationale, la Commission Armées-Jeunesse qui promeut le lien avec les jeunes générations, mais aussi la réserve et, depuis 2015, le Service militaire volontaire (SMV).

La « tradition républicaine veut que la défense soit l’affaire de tous les citoyens », rappelle le site du Ministère de la Défense[27]. Comme nous l’avons vu, la fin de la conscription a entraîné la disparition de ce « moment privilégié d’association des citoyens à la défense de la Nation »[28]. Or, les attentats de janvier, puis de novembre 2015, ont eu un dramatique mais véritable retentissement au sein de la jeunesse qui souhaite de plus en plus s’engager et rejoindre les rangs. Ainsi, les « centres de recrutement de l’armée française reçoivent plus de candidatures qu’ils n’en ont jamais eues auparavant »[29], que ce soit pour la réserve ou un contrat professionnel. La volonté « d’aider » est la motivation de la plupart de ces jeunes qui souhaitent également défendre les valeurs de la République contre ceux qui voudraient la voir plier[30]. À la lumière des chiffres relevés par les Centres d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA), soit plus de 1 500 prises de contact par jour pour devenir soldat[31], on peut dire qu’il y a là une forme de renouvellement du lien Armées-Nation, notamment suite au choc provoqué par les attentats du 13 novembre 2015. C’est aussi une reprise du sentiment patriotique en France que l’on peut noter, la devise française « Liberté, égalité, fraternité » et la Marseillaise n’ayant jamais eu sens aussi actuel.

En définitive, l’opération Sentinelle est une intervention de visibilité visant à rassurer les populations face à la menace sécuritaire. Elle fonctionne, du moins si l’on se positionne du côté des Français qui ont manifesté et manifestent encore leur reconnaissance envers les militaires. Si l’on s’en tient au contexte, ce-dernier permet sinon favorise le renouvellement de ce lien entre les Armées et la Nation, de même qu’il consacre l’élan de patriotisme. La multiplication des candidatures pour s’engager en tant que contractuel ou réserviste en est d’ailleurs le témoin. Ainsi, c’est une prise de conscience qui n’a cessé de se concrétiser depuis les attaques de janvier 2015 et qui rappelle que la Défense est bel et bien l’affaire de tous.


[1] D’après le site du Ministère de la Défense.

[2] Ministère de la Défense, « Sentinelle : poursuite des opérations de renfort ». Défense.gouv.fr [En ligne]. 2015, 15 novembre [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.defense.gouv.fr/operations/france/sentinelle-pps/actualites2/sentinelle-poursuite-des-operations-de-renfort

[3] THOMANN, Jean-Claude (Général (2S)). « Une société sans armée, c’est une nation sans politique ». Le Monde [En ligne]. 2011, 20 avril [Consulté le 29 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2011/04/20/un-societe-sans-armee-c-est-une-nation-sans-politique_1509969_3232.html

[4] Un propos à nuancer puisque « plusieurs études ont mis en évidence un affaiblissement de l’antimilitarisme et des images négatives qui pouvaient être davantage associés à l’armée il y a encore une vingtaine d’années » (p. 32). HATTO, Ronald, MUXEL, Anne, TOMESCU, Odette. « Enquête sur les jeunes et les armées : images, intérêt et attentes »., 2011, Études de l’IRSEM, n° 10, 190 p.

[5] « Le service national est l’un des mythe fondateur de la République française ». De plus, les armées promeuvent les valeurs de laïcité et de mixité sociale, la Défense ayant un rôle social fort. « Historique du service national ». Soldat du Contingent 8308 Blog [En ligne]. 2014, 6 juillet [Consulté le 29 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : https://soldatducontingent8308.wordpress.com/2014/07/06/historique-du-service-national/

[6] THOMANN, Jean-Claude (Général (2S)), op. cit.

[7] À titre d’exemple, l’article du Figaro est représentatif du rapprochement avec les armées. HOFSTEIN, Cyril. « Dans la capitale avec nos soldats prêts au combat ». Le Figaro [En ligne]. 2015, 19 novembre [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/11/19/01016-20151119ARTFIG00191-dans-la-capitale-avec-nos-soldats-prets-au-combat.php

[8] LAGNEAU, Laurent. « Le général de Villiers salue l’abnégation des militaires engagés dans l’opération Sentinelle ». Zone militaire – OPEX 360 [En ligne]. 2015, 3 juin [Consulté le 29 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.opex360.com/2015/06/03/le-general-de-villiers-salue-labnegation-des-militaires-engages-dans-loperation-sentinelle/

[9] CABIROL, Michel. « Opération Sentinelle : comment l’armée s’est déployée en 72 heures ». La Tribune [En ligne]. 2015, 19 novembre [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/operation-sentinelle-comment-l-armee-s-est-deployee-en-72-heures-524217.html

[10] PIQUET, Caroline. « Vigipirate : les Français se mobilisent pour chouchouter leurs soldats ». Le Figaro [En ligne]. 2015, 11 février [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/02/11/01016-20150211ARTFIG00265-vigipirate-les-francais-se-mobilisent-pour-chouchouter-leurs-soldats.php

[11] Ibid.

[12] « Opération « MERCI à nos soldats » et autres forces de l’ordre ». Soldats de France [En ligne]. 2015 [Consulté le 29 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.soldatsdefrance.fr/Operation-MERCI-a-nos-soldats-et-autres-forces-de-l-ordre_a1070.html

[13] PIQUET, Caroline, op. cit.

[14] CABIROL, Michel. « Quand la France redécouvre enfin l’importance de son armée ». La Tribune [En ligne]. 2015, 23 janvier [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20150123trib964927828/quand-la-france-redecouvre-enfin-l-importance-de-son-armee.html

[15] « Sécurité ; les Français en faveur de dépenses supplémentaires ». Le Figaro [En ligne]. 2015, 26 novembre [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/11/26/97001-20151126FILWWW00239-securite-les-francais-pour-des-depenses-supplementaires.php

[16] THOMANN, Jean-Claude (Général (2S)), op. cit.

[17] Ibid.

[18] Ibid.

[19] CABIROL, Michel. « Terrorisme : les trois défis de l’opération Sentinelle ». La Tribune [En ligne]. 2015, 17 novembre [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/terrorisme-les-trois-defis-de-l-operation-sentinelle-522699.html

[20] Ibid.

[21] Ibid.

[22] Ibid.

[23] Ibid.

[24] CHAPLEAU, Philippe. « De la reconnaissance, voire même des primes pour les « Sentinelles » ». Lignes de défense [En ligne]. 2015, 28 mai [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2015/05/28/de-la-reconnaissance-voire-meme-des-primes-pour-les-sentinel-14150.html

[25] SNÉGAROFF, Thomas. « Le service militaire, le retour d’une institution qu’on pensait disparue ». France Info [En ligne]. 2015, 21 janvier [Consulté le 29 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.franceinfo.fr/emission/histoires-d-info/2014-2015/le-service-militaire-le-retour-d-une-institution-qu-pensait-disparue-21-01-2015-04-55

[26] « Le lien Armée-Nation ». Secret Défiance [En ligne]. 2013, 26 septembre [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://secretdefiance.com/le-lien-armee-nation/

[27] Ministère de la Défense, « Le lien Armée-Nation ». Défense.gouv.fr [En ligne]. 2013, 16 avril [Consulté le 28 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://www.defense.gouv.fr/jeunes/jeuneactu/le-lien-armee-nation

[28] Ibid.

[29] GAIN, Nathan. « L’armée française croule sous les candidatures ». Forces Opérations Blog [En ligne]. 2015, 25 novembre [Consulté le 29 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://forcesoperations.com/larmee-francaise-croule-sous-les-candidatures/

[30] FLO’CH, Benoît. « Au centre de recrutement des armées : « Ce coup-là, je m’engage » ». Le Monde [En ligne]. 2015, 20 novembre [Consulté le 29 novembre 2015]. Disponible à l’adresse : http://abonnes.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/19/au-centre-de-recrutement-des-armees-ce-coup-la-c-est-bon-je-m-engage_4813846_4809495.html

[31] Ibid.

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