Accord sur le nucléaire iranien : Victoire d’Obama au Congrès

Depuis le 14 juillet et la signature à Vienne de l’accord sur le nucléaire iranien entre l’Iran et le groupe 5+1 (les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne), la question qui agitait les chancelleries internationales était de savoir si cet accord allait survivre à une ratification par le Congrès américain.

La bataille pour le Congrès est désormais achevée, après une intense campagne de lobbying menée par les deux camps. En effet, la promesse de la sénatrice démocrate du Maryland, Barbara Mikulski, d’apporter son soutien au président Obama sonne la fin des espoirs républicains de remettre en question cet accord.

Les conservateurs souhaitaient empêcher l’application par Washington d’un texte, soumis au vote d’ici au 17 septembre. En majorité au Congrès, un vote massif et négatif par les Républicains aurait donc suffi à renverser le texte, si ce n’était la procédure de veto que peut utiliser le président. Cette procédure force à effectuer un second vote, qui doit être remporté avec au minimum une majorité nécessitant plus des deux tiers des voix, soit 34 sièges sur les 100 du Congrès. Les tractations étaient donc de mise cet été, avec une campagne de lobbying menée tant par les pro-accords que les anti-Iran.

Les sénateurs ont ainsi passé l’été à rencontrer l’administration, la communauté du renseignement et de nombreux ambassadeurs. De son côté, le lobby de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), l’un des plus puissant groupes de pression pro-israéliens ne cessait d’affirmer la mauvaise conduite de l’Iran et de mettre en garde contre de futures déconvenues, soutenu par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui était même venu s’exprimer devant le Congrès américain en mars, alors même que le pays était en pleine négociation avec l’Iran.

Disposant désormais de 34 promesses de soutien de sénateurs, tous démocrates, sur 100, l’administration Obama sait qu’elle possède une minorité suffisante pour imposer son veto. Sauf énorme coup de théâtre et revirement de situation improbable, le deuxième mandat du président peut désormais afficher un succès, la normalisation des relations avec l’Iran.

L’échéance des élections présidentielle risque toutefois de remettre en jeu cet accord, avec la promesse par les nombreux candidats républicains d’annuler tout geste envers l’Iran, une fois élus. Une promesse pour l’instant facile à affirmer mais en pratique relativement compliquée à maintenir car un tel geste contribuerait à placer les Etats-Unis dans une situation d’isolement diplomatique sans précédent, abandonnés sur la question par les cinq autres co-signataires de l’accord.

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