Sommet des BRICS : la Russie s’engage vers l’Est et le Sud

Du 8 au 10 juillet, Vladimir Poutine accueille le septième sommet des chefs d’État ou de gouvernement des « BRICS » à Oufa, la capitale de la région de la république du Bachkortostan (au sud du pays). En accueillant les représentants du Brésil, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud et en organisant dans la foulée les sommets de l’Organisation de coopération de Shanghai et de l’Union économique eurasiatique, le chef du Kremlin entend montrer à l’Europe et aux États-Unis la puissance de son réseau et s’imposer à la tête d’une sorte de nouveau mouvement des non-alignés.

Autour de Poutine, outre les BRICS[1] sont ainsi présents les chefs d’État de l’Afghanistan, de l’Arménie, du Belarus, de l’Iran, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Mongolie, du Pakistan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan. Pour Poutine, le message est clair : si la Russie est battue en brèche à l’Ouest, elle s’engage vers l’Est et vers les puissances émergentes du Sud. Exclue du G8, la Russie semble constituer un nouveau club avec les puissances émergentes frontalières de son territoire, sortant de l’exclusion dans laquelle elle était embourbée depuis la crise ukrainienne.

Au programme des discussions se trouve la constitution de la nouvelle banque de développement des BRICS dont le capital initial est estimé à 50 milliards de dollars et qui devrait servir à financer des projets d’infrastructures. Se posant en concurrente au FMI ou à la Banque mondiale, celle-ci souhaite se démarquer en prêtant sans imposer de conditions contraignantes. De même, sera étudié le projet d’une réserve de change commune de 100 milliards de dollars pour faire face à des turbulences financières dont la répartition est la suivante : 41 milliards pour la Chine, 18 milliards chacun pour l’Inde, la Russie et le Brésil, ainsi que 5 milliards pour l’Afrique du Sud.

Le sommet est également l’occasion pour Poutine pour revenir au-devant de la scène, en s’immisçant notamment dans les débats des négociations sur le nucléaire iranien. Alors que la date butoir a été une nouvelle fois retardée puis dépassée, la question d’une suppression de l’embargo de l’ONU sur les importations d’armes par l’Iran est toujours au centre des discussions. Cette question est importante pour une Russie ambitieuse de développer des partenariats commerciaux, qui s’est notamment engagée à livrer à Téhéran des missiles S-300. Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov a ainsi déclaré mercredi 8 juillet : « Nous prônons en premier la levée de l’embargo sur les armes en Iran », ce qui n’a pas manqué de crisper davantage des négociations déjà tendues.

L’Inde profite également de ce sommet. Ainsi Narendra Modi, qui a débuté le 6 juillet une tournée diplomatique en Asie centrale, a choisi de renouer le dialogue avec les anciennes républiques d’URSS, également invitées. Il a ainsi signé avec le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, un accord-cadre dans le domaine du renseignement, et en a profité pour raffermir la coopération entre les deux États sur le plan de l’entraînement bilatéral et de la participation commune à des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Enfin, MM. Modi et Nazarbaïev ont également renouvelé le contrat d’approvisionnement en uranium que le Kazakhstan livre à l’Inde.


 

[1] Les BRICS représentent 42 % de la population du globe et 22 % du PIB mondial.

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