Livraison des missiles russes S-300 à l’Iran : les négociations se prolongent

Le 2 avril 2015, les négociations sur le nucléaire iranien ont abouti à un accord préliminaire permettant à terme la levée des sanctions frappant l’Iran. S’il reste encore du chemin à parcourir, la Russie semble prête à prendre l’initiative et enfin honorer son contrat de 2007, portant sur la livraison des missiles S-300 (SA-10A selon la classification de l’OTAN) à Téhéran.

Cette livraison concerne un système mobile multicanal de missiles sol-air capables d’abattre tout type d’avion et de missiles de croisière sur un rayon de 300 km. Lors des essais ces missiles avaient démontré un taux de réussite de 90%. Il s’agit donc d’une arme très puissante capable de réduire à néant l’avantage aérien d’un pays avancé.

Douze jours après les accords de Lausanne, le Président Poutine a signé un document autorisant la livraison des S-300 à l’Iran, une décision fortement critiquée par les autorités américaines et israéliennes. La livraison devrait enfin être effectuée avant la fin 2015, car il reste encore quelques points de divergences entre la Russie et l’Iran.

Selon le Ministère des Affaires Étrangères Russe (MID), le contrat de livraison sera réécrit pour mieux correspondre aux réalités géopolitiques et économiques actuelles. Serguei Ryabkov, le numéro deux du MID  explique ainsi :

« Le contrat initial a été signé en 2007, et depuis le monde a beaucoup changé. Il faut donc renégocier certains points. Cela concerne surtout le prix, et les nouvelles modifications faites depuis 2007. Les missiles que nous allons livrer à l’Iran seront tous neufs. »

Le contrat de 2007, dont le montant s’élevait à 800 millions de dollars, n’a jamais été honoré par la Russie en raison des sanctions imposées par le conseil de sécurité de l’ONU en 2010. En conséquence, la République Islamique a réclamé une compensation financière de quatre milliards de dollars. Elle estimait en effet qu’en tant qu’arme défensive, les missiles S-300  n’étaient pas visés par les sanctions de l’ONU. C’est surtout cet aspect que la partie russe souhaite régler avant d’honorer le contrat qui pourrait aboutir à une coopération militaire lucrative, la quasi-totalité des équipements militaires iraniens étant obsolètes.

Sur le plan tactique, en possession des S-300, l’espace aérien iranien deviendrait quasi-inviolable et serait dès lors fermé à tout avion militaire ennemi, à l’exception des modèles américains B-2 et F-22 Raptor. Un raid aérien de la part d’Israël semble donc exclu. Le président américain Barack Obama a cependant déclaré que les S-300 ne pourraient protéger les installations nucléaires iraniennes en cas d’une éventuelle attaque de la part des forces américaines. L’accord sur ces missiles ne devrait donc pas avoir un impact significatif sur les négociations de juin 2015.

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