Renseignement en territoire occupé (2) : la propagande

La propagande occupe une place importante dans les conflits de toute nature, et à plus forte raison lorsqu’ils sont de nature idéologique. Cette propagande joue un rôle essentiel en Allemagne durant la Guerre Froide et qui plus est dans le contexte de l’occupation. Cette propagande est à la fois un outil de lutte contre l’ennemi, mais également un moyen de contrôler la population et de promouvoir l’Etat occupant. Ces campagnes de propagande peuvent être organisées par l’occupant ou se faire de manière plus sporadique, au gré des évènements. Une propagande offensive est un moyen efficace de déstabiliser l’adversaire. Ainsi, dans le cadre d’une étude du renseignement, il convient de définir les modalités de la propagande en Allemagne occupée, à destination de la population et dans le cadre d’un affrontement des services de renseignement.

L’évaluation de l’opinion publique : enquêtes statistiques et étude d’impact des affaires nationales et internationales

L’évaluation de l’opinion publique n’est pas chose aisée et ne peut se déterminer que par la multiplications des enquêtes et interactions. Elle permet de saisir le «jugement collectif» à un moment donné afin de montrer (1) :
– Le moral de la population, c’est-à-dire, l’état d’esprit ;
– les croyances pérennes, issues de la tradition ;
– les opinions momentanées, celles qui concernent l’actualité directe
– les opinions instantanées basées sur l’émotion .

L’évaluation de l’opinion publique est en réalité l’évaluation et le contrôle de plusieurs éléments. Il s’agit d’abord de contrôler l’impact de la vie politique, associative et syndicale sur la population. Ainsi, les réactions individuelles et collectives qu’elles génèrent permettent de déterminer l’opinion générale de la population allemande par rapport à une mouvance politique par exemple. Ceci s’effectue également par le contrôle et l’observation des publications dans la presse et dans la propagande ennemie, qui sont accessibles par la population, par des voies directes ou indirectes. Chaque article de presse ou brochure au contenu virulent est relevé, analysé afin de permettre d’évaluer l’impact possible sur l’opinion publique.

Un autre point important est le contrôle et l’évaluation du moral de la population. Les conditions de vie par exemple, influencent grandement le moral qui peut lui même modifier le ressenti de la population à l’égard d’un fait. Une population qui n’a que peu de ressources et des difficultés à survivre sera plus réceptive à la propagande ennemie en faveur d’une autre forme d’économie. La conjugaison de ces deux éléments, c’est-à-dire, l’opinion publique et le moral, permet de décrire l’attitude générale de la population allemande et de signaler, en conséquence, d’éventuels mouvements de résistance, individuels ou organisés. Dans le cadre de l’occupation, il est évident qu’une grande partie de ce contrôle sert à déterminer l’attitude et l’opinion de la population allemande à l’égard des autorités françaises.

Check Point Charlie, by Jorge Bueno, 2009 via Flickr, Creative Commons Attribution

Check Point Charlie, by Jorge Bueno, 2009 via Flickr, Creative Commons Attribution

En plus de procéder à un contrôle rigoureux de l’opinion publique, la répercussion des affaires intérieures et internationales est aussi largement surveillée. Certaines affaires, relayées dans la presse, questionnent directement la présence française et plus largement alliée ainsi que la vision occidentale de l’Allemagne. Si les publications ne peuvent pas être totalement contrôlées, leur impact probable est largement étudié. Les affaires que nous allons évoquer mettent également en évidence les grandes campagnes de propagande lancées à leur occasion et nous nous permettrons d’introduire les modalités de la propagande en Allemagne occupée.

L’affaire Otto John est, sans nul doute, le principal sujet d’échange et de correspondance entre les services de renseignement, la diplomatie, les structures d’occupation et le gouvernement français. Otto John (1909-1997) est un avocat qui travaille comme juriste au sein de la Lufthansa dès 1937. Avant la Seconde Guerre mondiale, il entre en contact avec des membres de la résistance anti-hitlérienne, notamment avec Canaris, chef du contre-espionnage. Ses voyages professionnels à Lisbonne ou encore à Madrid représentent alors un avantage indéniable. Il entre alors en contact avec les américains et la résistance allemande. Par la suite, il noue des contacts particuliers avec les services britanniques. Ceux-ci étant noyautés par les soviétiques, Otto John est très tôt une des principales cibles des services soviétiques. A la fin de la guerre, il apporte aux Alliés des connaissances sur les efforts d’armement en Allemagne et sur la résistance non-communiste. Otto John est ensuite chargé des interrogatoires des prisonniers de guerre allemands pour les services britanniques.

En 1950, il est nommé directeur de l’Office fédéral de la protection de la constitution. La nomination à ce poste a longtemps été un sujet de discorde entre les Allemands et les Alliés. Il se retrouve très rapidement dans une situation délicate, principalement à cause de la concurrence avec l’organisation menée par Gehlen qui souhaite obtenir le monopole des activités de renseignement allemand. Rapidement ses activités sont surveillées de près par Gehlen qui engage Albert Radke, numéro deux du BfV. En plus de cette situation professionnelle compliquée, il semblerait que les idéaux politiques d’Otto John ne soient pas ceux prononcés par le gouvernement fédéral. Pour Michael Muller, «il était à deux cents pour cent contre le réarmement et pour la réunification».

Le 15 juillet 1954, il se rend à Berlin puis passe dans la zone soviétique. Il prononce un peu plus tard un discours à la radio :

« A cause de la confrontation entre Est et Ouest, l’Allemagne court le danger de rester pour toujours divisée. Un acte ostensible est nécessaire pour appeler tous les Allemands à s’engager pour la réunification. C’est pourquoi, à la date anniversaire du 20 juillet, j’ai franchi ce pas décisif et pris contact avec les Allemands de l’Est ».

Cette première intervention est complétée par une conférence de presse, trois semaines plus tard. Cet évènement déclenche d’importantes compagnes de propagande, la presse occidentale accuse en retour Otto John d’avoir trahit l’Allemagne de l’ouest. Cependant, et contre toute attente, il réintègre l’Allemagne de l’ouest le 12 décembre 1955. La correspondance française à ce sujet, est principalement composée de notes d’information à destination du Haut Commissaire de la République. Ces documents sont une présentation des faits, et rapportent avec précision les interventions d’Otto John. Cependant, force est de constater que les Français semblent plutôt indifférents à cette affaire en ne portant que très peu de jugements. De manière générale, deux versions des faits coexistes, la théorie de la trahison d’une part et de l’autre l’enlèvement. Dans l’un ou l’autre des cas, la présence en zone soviétique d’un homme clé du renseignement allemand n’est pas sans poser problème. Il aurait confié des informations clés sur l’organisation, le fonctionnement et le personnel du renseignement allemand.

Cette campagne de propagande met en lumière la situation de l’Allemagne mais aussi celle du statut d’occupation. Dans cette perspective, s’informer de l’affaire est un moyen de contrôler ce qui en est dit dans la presse et de voir quelle image des deux Allemagnes est véhiculée. Dans tous les cas, l’affaire porte préjudice à la vision occidentale de l’Allemagne et permet de diffuser dans la presse la propagande soviétique et ce, peut importe la véritable version des faits.

L’affaire de Corée a nécessairement des répercussions sur les rapports est-ouest en Allemagne, compte tenu de la situation proche que connaissent les deux pays, mais également sur la population allemande. Nous baserons notre brève étude sur un rapport de la section d’étude et de renseignement daté du 4 septembre 1950 (2). Les réactions sur le plan politique ne nous intéressent pas directement, en revanche, les campagnes de propagande lancées à cette occasion et leur impact sur la population nous permettront de montrer que ces évènements permettent la mise en place d’une politique d’offensive morale. La propagande met en place une série de parallèles entre la situation en Corée et en Allemagne afin de servir sa vision politique du monde et surtout celle de l’Allemagne. Puisque la situation en Corée à déclenché une guerre, le thème du pacifisme est largement utilisé. La propagande vise donc à montrer «l’inutilité de la résistance, l’impuissance de la police et les intentions amicales des soviétiques». Ce conflit interroge aussi l’unité nationale d’une part et le sentiment d’appartenance. Cette situation internationale trouve donc une résonance particulière et doit permettre, plaquée à la situation intérieure, c’est-à-dire, le mécontentement latent de certains milieux ou d’individus isolés, de provoquer l’agitation sociale.

Les campagnes de propagande ennemie

La guerre froide en Allemagne occupée n’est pas seulement la guerre des services de renseignement, c’est également une véritable guerre informationnelle basées sur des campagnes de propagande. La propagande a pour but d’influencer l’opinion publique ou des cibles désignées parmi la population. Elle vise à utiliser les divers moyens de communication à disposition -affichage, radiocommunication, communication verbale, médias- afin de partager et de faire accepter une certaine vision des faits ou idées. Contrairement à la censure, qui vise à volontairement cacher des informations, la propagande consiste à la sélectionner ou à la modifier. C’est un jeu d’interprétation qui peut être perçu différemment selon la personne qui y est confrontée. La propagande n’est donc pas exclusivement destinées à l’ennemi ni même un simple mensonge.

Nous pouvons distinguer plusieurs types de propagandes selon deux critères, à savoir le degrés de transparence, c’est-à-dire, à quel point l’information est ouvertement reconnue par ceux qui la diffuse, et les procédés utilisés pour traiter l’information.

Dans la première catégorie, nous pouvons classer les trois éléments suivants :
– la propagande blanche. Il s’agit d’informations dont l’origine est connue et qui affiche ouvertement ses convictions ;
– la propagande grise. Elle joue sur la difficile identification de son commanditaire ;
– la propagande noire a, quant à elle pour objectif d’imputer à d’autres l’action d’un tiers. Dans la seconde catégorie, nous pouvons distinguer quatre techniques principales :
– le recours à une autorité supérieure pour légitimer une idée ;
– le recours à la menace afin de persuader les cibles et susciter la peur et donc l’adhésion.
– la simplification qui consiste à présenter un fait ou une idée de manière schématique et simpliste et d’aboutir à des raccourcis ;
– le grossissement qui vise à exagérer et déformer.

L’Allemagne orientale devient progressivement le terrain d’action privilégié de la propagande soviétique, bien plus que les autres Etats de l’Est sous domination ou influence soviétique. Ceci s’explique, encore une fois, par la situation géographique de l’Allemagne et la présence des représentants du bloc adverse. De manière générale, la propagande soviétique à l’intérieur de la zone orientale vise à promouvoir le régime et l’idéologie communiste. Les moyens de diffusion de la propagande peuvent s’effectuer par le biais de réunions, congrès publics comme nous l’avons vu. Cependant, des organismes à priori chargé d’une toute autre mission, comme le soutien financier aux populations, peuvent prendre en charge ou du moins contribuer à la propagande soviétique.

Nous pouvons prendre comme exemple le «Secours Rouge»(3) soviétique, chargé de distribuer d’importantes sommes d’argents aux civils dans le besoin afin qu’ils puissent survivre et approvisionner sur le marché noir lors du blocus de Berlin. La place qu’occupe la question du ravitaillement durant cette période explique largement les soupçons formulés par un certains nombres d’observateurs étrangers -dont les noms et fonctions ne sont cependant pas mentionnés dans les documents à notre disposition- quant au rôle qu’occuperait ce «Secours Rouge» dans la propagande en zone allemande sous occupation soviétique. Cette forme de propagande n’est pas offensive, elle sert avant tout à inspirer à la population un sentiment de confiance et d’attachement au gouvernement.

Cependant, la zone orientale est aussi le lieu d’une propagande beaucoup plus violente, qui vise, quant à elle, à attaquer les représentants de l’Ouest. A cet égard, la situation de Berlin-est est intéressante puisqu’elle tend à devenir le centre privilégié de la propagande soviétique. La direction d’Europe du Ministère des Affaires étrangères s’indigne, dans un courrier du 27 mars 1951 (4), de la passivité de la République fédérale alors même que Moscou fait de la ville son centre de «lutte pour la conquête de l’Europe» (5). En effet, de plus en plus, Berlin-est devient non seulement le lieu d’expression privilégié de congrès ou d’évènements publics communistes d’ampleur, mais également le lieu d’établissement des sièges de ces mouvements et congrès internationaux.

Ainsi, le «Conseil mondial des étudiants communistes» et la «Fédération des femmes communistes» ont abandonné leurs bureaux à Paris pour venir s’établir à Berlin-est. La ville, en abritant des évènements publics internationaux comme les «Jeux mondiaux de la jeunesse communiste» à l’été 1951, mais aussi le «Congrès allemand de jeunesse pour la Paix», les «Deutschlandtreffen de la jeunesse» ou encore le «Congrès international des syndicat» devient, non seulement un centre de propagande en Allemagne, mais également en Europe. Le rôle de Berlin-est dans la stratégie de propagande soviétique ne se limite pas à des manifestations idéologiques publiques. Plus largement, il s’agit d’ériger la ville en véritable symbole de la vision soviétique de l’Allemagne et, par effet de ricochet, de l’Europe voire du monde. Berlin est présentée comme «la véritable Allemagne et la première des démocraties populaires dont l’action est orientée vers la paix et le progrès» (6).

Les manifestations de propagande sont un véritable outils à un but politique double en Allemagne durant l’année 1954. Il s’agit effectivement de lutter contre le réarmement de la RFA et de proposer un système de sécurité collective concurrent à la CED. Ces objectifs, qui ne sont que des visées à court terme, s’inscrivent également dans le long terme – conformément à la vision communiste de l’histoire- afin de constituer une Allemagne «unifiée, démocratique et pacifique» (7). Berlin-est apparait donc comme le centre de propagande le plus actif de l’Union soviétique, dépassant de loin le rôle que joue les Etats satellites et constitue «l’avant garde de l’expansion communiste vers l’Allemagne occidentale, objectif premier des Soviets» (8).

Cependant, la propagande soviétique en direction de l’Allemagne occidentale peut prendre une forme encore plus offensive par la formation d’agents de propagandes. D’après les informations fournies par l’Ambassadeur de Suisse à la Direction d’Europe en novembre 1952 (9), des agents seraient recrutés parmi les syndicalistes d’Allemagne occidentale et ce depuis des foyers syndicaux tels que Bawel Bykow, basés en Allemagne orientale, vraisemblablement à Bad Saarow. Ces agents de propagandes recevraient non seulement une formation spéciale mais aussi des directives, sans que soit explicitement mentionnée la nature de celles-ci dans le but supposé de «forcer l’unité allemande». On peut supposer qu’il s’agit principalement de susciter des mouvements de grèves sous l’égide du Parti Communiste et de diffuser la vision soviétique d’une Allemagne unifiée.

La propagande soviétique et plus largement anti-occidentale ou anti-occupants peut également être basée à l’étranger. Pour mettre en évidence ce fait, nous avons choisi d’étudier la propagande menée en Grande Bretagne. L’organisme de presse «Contemporary Issues» ou encore «Contemporary Press» basé à Londres édite des brochures de propagande destinées aux Allemands de l’Ouest. Ces brochures sont expédiées en Allemagne sous le nom de «Dinge der Zeit» et constituent une vive critique des Alliés en dénonçant «les atteintes à la liberté individuelle commises en Allemagne par les Autorités d’occupation» (10).

Dans cette optique, les rédacteurs de la brochure ont vraisemblablement mis en place une vaste enquête destinée à obtenir des preuves formelles de ces atteintes à la liberté envers les particuliers, les associations ou encore les partis politiques et encouragent toute personne désireuse d’oeuvrer dans ce but à se manifester. Compte tenu des sources à notre disposition, il semblerait que cette enquête débute probablement autour de la mi-décembre 1949 (11), et que celle-ci soit effectivement déjà en place à la fin du mois de janvier, date à laquelle, l’Ambassadeur de France en informe le ministre des Affaires étrangères. Cette enquête serait basée sur la collecte d’articles de journaux ou de tous documents officiels ainsi que sur l’audition de personnes ou de groupes ayant été victimes de persécutions. Il s’agirait d’obtenir deux types d’informations, un premier pan concernerait les libertés de l’individu comme «la liberté de déplacement, le droit égal de tous devant la loi, la liberté de conscience» ou encore la liberté d’éducation, l’autre pan concerne plus particulièrement la liberté de la presse et d’expression en mettant en évidence les relations entre organes de presse et autorités d’occupation.

Ces brochures, en plus de constituer une vive critique des Alliés, sont perçues par les autorités comme un appel à la résistance contre l’Occupation, allant même soupçonner des résistants fascistes allemands installés en Angleterre d’être à l’origine de ces publications. D’autres hypothèses sont formulées. L’organe de presse producteur de ces brochures serait associé à un certain Monsieur Strasser qui tenterait de mettre en place, depuis l’étranger, une «nouvelle organisation politique en Allemagne». Les sanctions vis-à-vis de telles publications sont difficiles à prendre, comme le confirme le courrier adressé à l’Ambassadeur de France en Grande Bretagne au Ministre des Affaires étrangères (12).

Il semblerait qu’il ait été demandé à l’ambassadeur d’œuvrer pour empêcher la publication des brochures, mais cela s’avère être un échec pour deux raisons principales : le libéralisme des lois britanniques à l’égard de la presse et l’incapacité des autorités à mettre en évidence le lien entre un parti fasciste ou communiste et les-dites publications. Cependant, il semblerait que les autorités disposent d’une liste des principaux lieux de vente en Angleterre et en Allemagne, indépendamment de tous les autres moyens de vente et de circulation possible des brochures. En décembre 1949, on dénombre 8 points de vente en Angleterre et 11 en Allemagne. Pour obtenir une brochure, il semblerait qu’il faille commander et payer par courrier puis venir la chercher au point de vente indiqué, c’est du moins le cas en Allemagne, probablement à cause du fait que la législation en matière de presse est plus restrictive en Allemagne occupée qu’en Angleterre. Malgré cette connaissance des principaux lieux de distribution, agir contre les productions du Contemporary Press serait leur offrir une large publicité alors même que ces brochures ne sont que très peu connues de l’opinion publique et ne circuleraient que sous plis fermés.

Un dernier niveau de propagande à combattre provient de l’Allemagne fédérale elle-même. Cette propagande aurait pour but essentiel le contrôle de l’opinion publique allemande afin de limiter la marge de manoeuvre des Etats occupants. De fait, laisser libre court à la propagande fédérale, c’est laisser plus de liberté au gouvernement fédéral et donc diminuer le rôle de l’Etat occupant, non seulement dans les affaires de propagande, mais également dans les affaires du pays. C’est de plus, se risquer à une critique de la politique d’occupation et redonner au pays, un instrument politique de contrôle de la population. La crainte qu’inspire la mise en place d’une propagande fédérale organisée se mesure à la réaction des Français lors de l’annonce plus ou moins officielle de la création de différents organismes pouvant assurer ces fonctions.

La création d’une «centrale fédérale de la propagande» (13) rattachée au ministère de l’intérieur semble avoir été envisagée dès le début de l’occupation. Le Ministère de l’unification allemande, dirigé par Monsieur Kaiser, est déjà chargé de la propagande dans la zone orientale, il s’agirait donc ici d’assurer le même type de fonction en zone occidentale, sans que les attributions de l’un n’empiète sur les activités de l’autre. Par exemple, à l’occasion du festival mondial de la Jeunesse qui doit avoir lieu durant l’été 1951, le Ministère fédéral pour l’unification de l’Allemagne diffuse une affiche et une brochure destinées à lutter contre la propagande communiste (14) et, de fait, limiter l’impact que pourrait avoir le festival sur les masses.

Cette nouvelle centrale serait en fait la reconstitution de la section de la propagande intérieure, à l’instar de celle qui fonctionnait sous la République de Weimar et dont la tâche serait d’ «éclairer, de façon objective et impartiale, l’opinion allemande sur la démocratie, les libertés fondamentales, les institutions du Bund».Cette mission serait effectuée par le biais des moyens classiques de la propagande : publications de brochures, émissions radiophoniques, correspondance privée ou encore propagande chuchotée. Une attention particulière serait portée aux réfugiés et aux régions frontalières pour leur intérêt éminemment stratégique dans la lutte contre la propagande ennemie certes et plus largement dans la guerre du renseignement entre occidentaux et soviétiques.

Ce projet, qui fait l’objet d’échanges entre le ministère des Affaires étrangères, à Paris, et le Haut commissaire et Ambassadeur de France en mars 1951 (15), se heurte à la position nouvelle des Américains en matière de propagande en Allemagne occidentale, comme le précise l’informateur Roche basé à Munich dans un télégramme chiffré du 5 avril 1951 (16). En effet, durant cette période, les Américains décident, pour assurer la liberté d’expression, de ne plus interdire les critiques à l’égard des occupants. Désormais l’intervention ne serait légitime que si la sécurité des structures d’occupation est en danger. La rumeur de création d’un ministère de la Propagande et de l’Information par la Chancellerie Allemande circule semble t’il dès l’été 1953 (17), sans que nous puissions déterminer avec certitude une date plus précise.

Ce nouveau ministère engloberait plusieurs organes préexistants, tels que le service fédéral de presse de Monsieur Von Eckardt, le Heimat Dienst, rattaché au Ministère de l’Intérieur et le service de renseignement du général Gehlen. Dès lors, il est évident que ce ministère détiendrait des attributions dépassant très largement celles imputables à un Ministère de l’information. Il pourrait en effet utiliser les moyens clandestins de recherche d’information utilisés traditionnellement par les services spéciaux. La presse Allemande, à l’instar du Spiegel, dans son numéro du 26 août, donnent des informations supplémentaires à propos des visées et de l’organisation de ce ministère, comme le rapporte l’ambassadeur dans son courrier au ministre des Affaires étrangères (18) .

Il s’agirait de créer un organe administratif omnipotent, chargé de surveiller et contrôler la population. Un autre projet s’inscrit dans cette lignée, il s’agit de la mise en place d’une commission de coordination pour les questions de presse et d’information, rattaché à la Chancellerie fédérale, mais il fait l’objet de vives critiques. Prévu comme un organe destiné à informer la population de l’action gouvernementale et parlementaire, le contrôle étroit de la presse semble implicitement envisagé comme la finalité principale. Enfin, la création d’un ministère allemand de la propagande sous couvert de la «commission de coordination pour les communications du gouvernement fédéral» selon le correspondant à Bonn de la «National Zeitung» est considéré comme un affront par la diplomatie française. La chancellerie aurait profité du contexte, c’est-à-dire des modifications de la politique extérieure, pour lancer de nouvelles mesures politiques liées à la propagande nationale.

La mise en oeuvre de la propagande occidentale et française : la promotion de l’occupant

La propagande française est principalement organisée par le bureau des Affaires politiques et des différentes sections qu’elle comprend. Il s’agit des sections Information et Propagande jusqu’en 1946, et de celles chargées des émissions radiophoniques, de la diffusion de la culture française. Il s’agit, en réalité, de promouvoir la culture française et les échanges franco-allemands, principalement dans un contexte universitaire, et de donner une bonne image des occupants français. L’Office fédéral de presse désire organiser la propagande allemande en France et en Grande- Bretagne en prenant pour modèle les réalisations américaines dans ce domaine (19). Il s’agit de développer un partenariat contractuel entre un office de presse et la représentation diplomatique.

Cependant, il n’existe pas, ni en France, ni en Grande Bretagne d’organe suffisamment développé pour que ce partenariat aboutisse. En conséquence, l’Office de presse fédéral responsable de la propagande en territoire allemand envisage l’envoie d’un correspondant à Paris qui serait chargé d’établir le lien entre organe de presse et milieu diplomatique. La situation réglementaire en matière de propagande est définie par l’acte du 11 septembre 1950 de la Kommandatura qui «interdit la détention, la distribution, l’affichage, l’impression ou la reproduction, de quelque manière que ce soit, de tout écrit, imprimé ou manuscrit (…) contenant des allégations tendant à discréditer l’une des puissances d’occupation, propageant des rumeurs tendant à créer chez la population allemande une attitude de défiance ou d’hostilité à l’égard de l’une des puissances d’occupation» (20). Cette ordonnance, que les Américains souhaitent vraisemblablement voir disparaitre avait avant tout été prise afin de se protéger contre la propagande orientale.

Les Alliés mettent en place un certain nombre de mesures en Allemagne occidentale afin de lutter contre la propagande ennemie. Plusieurs mouvements anti-communistes sont basés à Berlin, plus spécifiquement à l’ouest de la ville. Ces mouvements sont des initiatives indépendantes des ministères chargés d’assurer la propagande. La «Ligue de combat contre l’inhumanité» est une organisation anti-soviétique de Berlin-ouest. En août 1952, le HCRFA informe le ministère des Affaires étrangères (21) de la publication d’une brochure sur les «camps de concentration soviétique en Allemagne de 1945 à 1950».

Cette brochure est un condensé de près de 4000 témoignages qui résume la situation endurée par près de 185 000 personnes dans 13 camps d’internement et de concentration. Parmi elles, près de 96 000 seraient mortes et 37 500 déportées en Union soviétique. S’ il convient de nuancer les chiffres avancés en raison du caractère éminemment partisan de cette ligue, cette brochure permet non seulement de confirmer l’existence d’organismes de propagandes occidentales indépendants des Alliés mais aussi d’entrevoir le contenu de cette propagande.

Alors que la stratégie soviétique vise à diffuser l’idéologie communiste, la propagande occidentale semble avant tout être une critique de l’Union soviétique, de sa politique et de ses actions. Cette affaire coïncide avec les accusations soviétiques à l’égard des américains d’avoir largué au dessus de leur zone d’occupation des brochures de propagande. Si nous ne possédons pas la lettre d’accusation, la réponse formulée par le Haut commissaire américain le 12 janvier 1954 (22). Les brochures apportées comme preuve sont, selon les américains, des publications du «Nataionalnyi Trudovoy Soyuz», un organisme composé de citoyens soviétiques en opposition au gouvernement. Le Haut commissaire rappelle que les Etats-Unis, puisqu’ils laissent des groupes pro-soviétiques s’exprimer et critiquer ouvertement le gouvernement américain sur le territoire national et dans la zone d’occupation en Allemagne, les soviétiques devaient pouvoir accepter l’existence d’une opposition anti-soviétique autre qu’américaine.

Les britanniques, le 18 juin 1954, ont formellement interdit l’envoi de ballons de tracts de propagande depuis leur zone, décision à laquelle s’était ralliée la France mais également les Etats- Unis. La France n’accepte pas la reprise de la propagande après la conférence de Berlin. Cette conférence réunit, du 25 janvier au 18 février 1954, à l’initiative des occidentaux, les ministres des affaires étrangères des quatre pays occupants afin de discuter des problèmes allemands et autrichiens. A l’occasion de cette conférence, la propagande a été interdite. L’Ambassade des Etats-Unis demande à ce que l’interdiction «de lancer des ballons de propagande au dessus de la zone (française de Berlin) et du secteur soviétique» (23) soit levée. Cependant, la position française à ce sujet n’est en rien modifiée par les visées américaines. La France renouvelle ses positions et déclare qu’exercer une quelconque action de propagande à Berlin, à l’approche de la Conférence de Berlin n’est pas envisageable. De plus, la France s’efforce également de rallier les Alliés à sa cause en souhaitant interdire tous ballons de propagande au dessus de Berlin et ce, quelque soit la zone concernée.

Enfin, il est précisé que si une politique de propagande devait reprendre, le contrôle de sa bonne exécution et de ses résultats devraient incomber aux Hauts-Commissaires de chacune des zones (24). Ceci devrait sans doute permettre non seulement une meilleure concertation mais aussi une meilleure maitrise des impacts de la propagande. Les Etats-Unis désirent que la propagande visant la zone orientale puisse reprendre dès l’issue de la conférence, insistant que la reprise d’une campagne de propagande ne nuirait en rien à la stabilité et n’inciterait pas la population à se révolter.

L’Allemagne devient, durant la période 1945-1955, un véritable centre de propagande européen. C’est le lieu privilégié de la propagande soviétique en faveur de l’idéologie et du régime communiste certes mais également d’une Allemagne unifiée. Ainsi, la propagande, comme affrontement de deux visions politiques du monde et de l’Allemagne, prend toute son importance lorsqu’elle est pensée dans le contexte d’occupation. Les impératifs de l’occupation font naître, à côté de la propagande traditionnelle, c’est-à-dire, la construction de fausses données, de rumeurs destinées à discréditer l’adversaire, la propagande d’occupation qui vise à attirer ou faire rester la population. La proximité géographique induite par l’occupation de l’Allemagne rend ces campagnes beaucoup plus délicates à mener et d’autant plus dangereuses, ce qui explique sans doute avec quelles précautions celle-ci est menée. L’émergence progressive de l’Allemagne fédérale comme Etat de plus en plus autonome et la volonté de mener sa propre propagande constitue une véritable menace pour les Etats occupants, et en premier lieu la France.

Ainsi, la propagande est, en plus d’un outil de lutte, un moyen de maintenir sa position d’occupant et de puissance. Les objectifs du renseignement en Allemagne sont simples. Prévenir une troisième guerre mondiale par la mise en place de moyens destinés à contrer les deux principales menaces clairement identifiées, tout en gardant à l’esprit que d’autres menaces peuvent apparaitre. La fonction propagande appuie ce travail d’identification des éléments néfastes.


Notes

(1) CARAMELLO Frédéric, Renseignement humain, Sécurité et management, Paris, Lavauzelle, 2008, p 129.

(2) Archives nationales, 5552/AP/91, fonds privé Vincent Auriol, «quelques répercussions caractéristiques de l’affaire de Corée sur les rapports est-ouest en Allemagne, juillet-août 1950», 3180/HC/SER, fait à Bad-Neuenarr, le 4 septembre 1950, 9 pages.

(3) Archives nationales, Note confidentielle des Renseignements Généraux, «Au sujet de la propagande soviétique en Allemagne», datée du 28 janvier 1948.

(4) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 628 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement en zone occidentale, 1949-1954», courrier du Ministère des Affaires étrangères, direction Europe, sous direction d’Europe centrale au sujet de «Berlin-Est, source ; presse allemande. Die Zeit (Hambourg) du 22 mars 1951», fait à Paris le 27 mars 1951, 2 pages.

(5) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 628 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement en zone occidentale, 1949-1954», courrier du Ministère des Affaires étrangères, direction Europe, sous direction d’Europe centrale au sujet de «Berlin-Est, source ; presse allemande. Die Zeit (Hambourg) du 22 mars 1951», fait à Paris le 27 mars 1951, p 2.

(6) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 629 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement en zone occidentale, 1952-1955», Lettre du HCRFA au Président du conseil/Ministre des Affaires étrangères, «Berlin-est, centre de propagande», fait à Godesberg, le 30 juin 1954, 3 pages.

(7) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 629 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement en zone occidentale, 1952-1955», Lettre du HCRFA au Président du conseil/Ministre des Affaires étrangères, «Berlin-est, centre de propagande», fait à Godesberg, le 30 juin 1954, p 3.

(8) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 629 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement en zone occidentale, 1952-1955», Lettre du HCRFA au Président du conseil/Ministre des Affaires étrangères, «Berlin-est, centre de propagande», fait à Godesberg, le 30 juin 1954, page 3.

(9) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 628 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement en zone occidentale, 1949-1952», Lettre de Jean Chauvel, ambassadeur de France en Suisse pour le Ministre des Affaires étrangères, «formation en Allemagne orientale d’agents de propagande pour l’Allemagne occidentale», fait à Berne le 24 novembre 1952.

(10) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», télégramme de l’ambassadeur de France et HCRFA pour le Ministère des Affaires étrangères à propos de «brochures anti-alliées», fait à Godesberg, le 13 janvier 1950.

(11) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», Note à l’intention de la Direction d’Europe de la part du commissariat général aux affaires allemandes et autrichiennes, fait à Paris le 9 décembre 1949.

(12) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», courrier de l’Ambassadeur de France en Grande-Bretagne pour le ministre des Affaires étrangères, au sujet des brochures allemandes anti-alliées en Grande-Bretagne, fait à Londres le 20 février 1950, 2 pages.

(13) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», télégramme du Haut commissariat de la République française en Allemagne pour le ministère des affaires étrangères, fait à Bonn le 30 mars 1951.

(14) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», télégramme n° 4727/HC/CAB, du Haut commissariat de la République française en Allemagne pour le ministère des affaires étrangères, fait à Bad- Godesberg le 21 juin 1951, 2 pages.

(15) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», télégramme du Haut commissariat de la République française en Allemagne pour le ministère des affaires étrangères, fait à Bonn le 30 mars 1951.

(16) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», télégramme chiffré n° 176 adressé au HCRFA par Roche, fait le 5 avril 1945 à Munich, 1 page.

(17) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», 1779/EU, courrier de l’Ambassadeur de France et HCRFA pour le ministre des Affaires étrangères, au sujet de la création d’un ministère de la propagande, fait à Bad-Godesberg, le 31 août 1953, 5 pages.

(18) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», 1779/EU, courrier de l’Ambassadeur de France et HCRFA pour le ministre des Affaires étrangères, au sujet de la création d’un ministère de la propagande, fait à Bad-Godesberg, le 31 août 1953, page 2.

(19) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», Note de la direction d’Europe centrale pour le HCRFA «la propagande allemande en France et en Grande Bretagne», fait à Paris, le 2 décembre 1952.

(20) Acte cité dans Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», Télégramme d’Haussaire adressé à Bonn, fait à Berlin le 25 février 1954.

(21) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», télégramme du Haut commissariat de la République française en Allemagne pour le ministère des affaires étrangères, fait à Bonn le 37 août 1952.

(22) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», Référence d’une lettre de Monsieur Miroshnichenko à James B.Conant datée du 22 décembre 1954 dans le courrier-réponse, pas d’indication de lieu ni de date.

(23) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», Télégramme chiffré de la direction d’Europe centrale pour Washington, Bonn, Berlin et Londres, fait à Paris, le 6 janvier 1954, 1 page.

(24) Archives diplomatiques, MAE, fonds EU-Europe, sous-série Allemagne, 180 «Direction des affaires politiques et commerciales, Propagande et activité des services de renseignement, 1949-1954», Télégramme n°758/70, fait à Bonn le 18 février 1954.

Publicités

Commentez cet article

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s