Fin des raids aériens au Yémen : quelles conséquences ?

Mardi 21 avril, l’Arabie Saoudite a annoncé la fin de la campagne aérienne au Yémen, débutée le 26 mars dernier. D’après les officiels saoudiens, les frappes auraient réussies « à éliminer les menaces pesant sur la sécurité de l’Arabie Saoudite et des pays voisins » et une phase de négociation politique débuterait bientôt.

Le blocus maritime devrait toutefois être maintenu, alors que l’état-major saoudien laissait entendre qu’il se réservait le droit de frapper à nouveau la rébellion de manière plus ponctuelle, pour l’empêcher de lancer des opérations sur le territoire yéménite. De même, l’Egypte et le royaume saoudien avait annoncé, il y a quelques jours, la tenue d’une possible intervention terrestre : peut-être préparaient-ils le déroulement de cette nouvelle phase politico-militaire. Enfin, un arrêt des raids aériens ne contraindrait pas les Saoudiens à arrêter le financement et l’armement des groupes pro-gouvernement.

Sur place, la situation militaire n’a pas vraiment évolué et cette annonce a surpris les chancelleries. Certains parlent d’un échec ou semi-échec devant une opération qui n’a pas réussi à empêcher l’avancée de la rébellion houthiste. L’Iran, soutien des Houthistes, a toutefois salué cette décision, estimant qu’elle représentait un « pas en avant » vers une résolution du conflit.

Ce matin encore, les affrontements continuaient autour de Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, les rebelles ayant réussi à s’emparer du camp d’une brigade restée fidèle au président déchu Abd Rabbo Mansour Hadi. Le camp de la Brigade 35 blindée est ainsi tombé après de violents combats ayant fait des dizaines de morts et de blessées dans les deux rangs, malgré des raids aériens menés par la coalition pour desserrer l’étau autour du camp. Un rassemblement de rebelles aurait également été la cible de frappes, malgré l’annonce la veille de l’arrêt des opérations aériennes.

Pour certains observateurs, la décision saoudienne semble résulter de la crise humanitaire qui dévaste le Yémen et que les bombardements ont accentuée. En effet, l’Organisation mondiale de la santé a révélé, dans un rapport mardi 21 avril, que près de 1 000 personnes étaient mortes et près de 3 500 avaient été blessées dans les frappes aériennes.

Un accord politique est-il possible ? Le bureau politique du mouvement rebelle a affirmé qu’un compromis était envisageable et ont libéré le ministre de la Défense, un des frères du Président déchu et un officier de l’armée, en captivité depuis près d’un mois dans le sud du pays. Par ailleurs, la promotion au poste de vice-président du Yémen de l’actuel premier ministre, Khaled Bahah semble montrer des signes de réconciliation. Ancien ambassadeur à l’ONU et considéré comme un homme de consensus, Khaled Bahah est présenté comme l’espoir d’une solution politique à cette crise armée.

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