21 ans après le génocide, déclassification des archives sur le Rwanda

Mardi 7 avril, vingt et un an jour pour jour après le début du génocide des Tutsis au Rwanda, l’Elysée a déclassifié les archives de la présidence concernant le pays, sur la période 1990-1995. Annonce symbolique, cette déclassification concerne 80 documents « confidentiel défense » issus de l’Etat-major particulier de François Mitterrand, des réunions ministérielles, de la cellule diplomatique et des conseils de Défense restreints. Cette décision, signée en présence de Dominique Bertinotti, mandataire des archives présidentielles des deux septennats de François Mitterrand, rend désormais accessible ces notes à quiconque en fait la demande auprès des Archives nationales, notamment les chercheurs ou associations de victimes.

Le lancement et la coordination du recensement de ces archives sont menés par Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale. Cette initiative n’est toutefois pas le premier effort mené par l’Etat en ce qui concerne la déclassification de documents lié au Rwanda. En effet, la mission d’information parlementaire de 1998 présidée par Paul Quilès a alors accès à des milliers de notes officielles. En outre, le ministère des Affaires étrangères et le Ministère de la défense devraient engager d’ici peu un travail similaire, a précisé l’Elysée.  L’objectif de cette déclassification est de faciliter et d’accélérer le travail des historiens, et de limiter la portée des idées conspirationnistes sur l’implication de la France dans le génocide.

En effet, le pouvoir rwandais a plusieurs fois accusé Paris de complicité à travers son engagement sur le théâtre rwandais. Présente depuis 1990 et jusqu’en 1993, dans le cadre de la mission d’appui Noroît, qui avait pour but d’aider à la reconstitution et l’instruction des forces armées rwandaises (FAR), la France revient au Rwanda en juin 1994, lors de l’opération Turquoise. Cette dernière visait à s’interposer entre le gouvernement Hutu et ses forces armées et les rebelles Tutsis du FPR (Front patriotique rwandais). L’opération devait protéger les populations civiles des deux ethnies, cibles de massacres organisés par les deux camps depuis l’attentat contre les présidents burundais et rwandais d’avril 1994. L’Armée de Terre a projeté ainsi plus de 2 500 hommes du 22 juin au 22 août 1994, avec l’autorisation de l’ONU.

Une stricte neutralité vis-à-vis des factions était exigée et la mission principale de la Force française a consisté à mettre en place une Zone humanitaire sûre (ZHS) au sud-ouest du pays. Cette ZHS était contrôlée par les militaires français qui y ont refoulé les tentatives d’infiltration du FPR tout en désarmant les FAR et les milices hutues. La France y a mené dès lors des missions de présence, d’assistance et d’interdiction de zone. Progressivement, l’armée française a été relevée par la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) et le dispositif français a été totalement désengagé au 22 août. Turquoise a ainsi permis de mettre en lieu sûr de nombreux réfugiés, orphelins et religieux menacés : deux millions de personnes ont été mises en sécurité.

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